Tout savoir sur l’histoire de la ville de Koudougou

Koudougou, surnommée ville des cavaliers rouges, est encore appelée en langue lyelé (Gourounsi), Nadon. Elle est un département et une commune urbaine du Burkina Faso et est placée troisième après la ville de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Également, c’est une ville qui suscite beaucoup d’intérêts aux yeux de plusieurs personnes au regard de son histoire à travers le temps.

Découvrez donc l’histoire de cette ville à travers nos lignes

Origine de la ville de Koudougou

C’est à Piella, un village de la Sissili, que l’histoire de Koudougou prend sa source car c’est de là qu’est quitté Bassanga, le père fondateur de cette ville. En effet, Bassanga est originaire de Pièlla. mais il va décider d’aller en exile et avec sa famille suite à une violente dispute qui a eu lieu entre lui et son frère cadet qui l’accusait à tort de vol. Parti alors avec toute sa famille, il traversa vent et marré et vécut la faim et la soif au point de vouloir même en mourir. Chemin faisant toujours, il vît par coup de chance donc, un iguane qu’il suivît jusqu’à une mare (le Bulkiemdé, « le grand puits« ) où lui et sa famille parvinrent à se désaltérer. Bassanga décida enfin de mettre terme à son voyage et de s’y installer avec sa famille. Depuis, ce fut son lieu d’habitation, celui là même qui va donné naissance au village Issouka qui sera par la suite le « le premier quartier de Koudougou ». Aussi, en guise de reconnaissance envers l’iguane, Bassanga avait fait de cet animal, un totem pour lui et ses descendants.

D’aucun raconte que les descendants de Bassanga auraient quitté le lieu d’accueil après la mort de ce dernier. Parait-il qu’ils sesont installés un peu à l’ouest pour former l’actuel quartier Issouka qui signifie « la concession au milieu » (en mooré sous la forme contractée), actuel secteur 6.

Selon une autre version de l’histoire, la ville de Koudougou serait fondée par Tégsoba Toogré, originaire de Dapelgo de Oubritenga. Tégsoba aurait quitté son village pour l’actuel Koudougou suite aux histoires de succession. En effet il avait pu s’y installé grâce à un vieil homme qu’il avait trouvé sur les lieux et qui lui avait offert l’hospitalité. Ainsi le nom Koudougou serait venu de l’hôte de Tégsoba qui, en réponse à ses frères qui lui avait abandonné au paravant, leur disait qu’il s’était désormais installé dans « l’ancien endroit » (kugdo en mooré). Cette expression « Kudgo » serait devenu maintenant le nom de la localité

Évolution de la ville de Koudougou dans le temps et dans l’espace

L’évolution de la ville de Koudougou, a connu des tournants spectaculaires qu’on ne peut omettre dans le récit de l’histoire de la ville de Koudougou. Cette évolution s’inscrit dans le temps et dans l’espace à travers la période précoloniale à nos jours. Mais la période coloniale et celle d’après l’indépendance restent les moments forts de l’u du phénomène urbain de Koudougou.

De la période pré coloniale à l’indépendance du Burkina Faso

Selon certaines sources, l’empire moossi ne comptait pas de ville pendant la période pré coloniale. Chez les moosées donc, les entités à forte densité de population ne constituaient pas un espace urbain. C’est plutôt le royaume qui était reconnu avec un roi au centre de la gestion des biens de ses sujets. La ville de Koudougou acquiert, pour la première fois, son statut de pôle urbain avec l’arrivée des colons. En considération de sa densité humaine, Koudougou fut choisie comme le chef-lieu d’un cercle le 31 décembre 1912. Il regroupait à sa création deux subdivisions à savoir Koudougou et Yako qui comprenaient 26 cantons. Les colons procédèrent à des migrations forcées afin d’augmenter le nombre de la population. À partir de ce moment, un ensemble de quelques quartiers fut constitué et prit le statut de ville. Suite à ce bouleversement de la gestion spatiale, les français, dirigeaient la zone, délocalisaient et renforçaient le pouvoir de la chefferie.

Après la dislocation de la colonie de la Haute Volta en 1932, le cercle de Koudougou devient l’un des plus vastes avec le rattachement des subdivisions de Boromo et de Dédougou. Ainsi, le cercle comptait quatre subdivisions et fut rattaché à la Cote d’Ivoire. Après la reconstitution de la Haute Volta en 1947, un nouveau type d’organisation des territoires s’impose. De ce fait les anciens cercles furent supprimés et les anciennes subdivisions furent érigées en cercles, les cantons en subdivisions, certains villages en cantons et de nouveaux villages furent créés. Les quatre cercles de Koudougou deviennent alors indépendants de celui de Koudougou. La ville de Koudougou fut érigée en commune de moyen exercice en 1959, période où le Burkina Faso avait déjà acquis son statut de République autonome .

L’évolution de Koudougou, des années 60 à nos jours

Le 05 Août 1960, le Burkina Faso, en son temps République de la Haute Volta, Proclame son indépendance avec à sa tête, le Président Maurice YAMOEGO, fils de Koudougou. Avec cette opportunité,  ce dernier donne un nouvel envol à la ville en la développant. Ce fut alors l’explosion d’une série de réalisation urbaine de cette localité. Également pendant, la révolution, le leader, Thomas  SANKARA impose un nouveau découpage urbain pour rompre avec l’assise du pouvoir coutumier et faciliter ainsi l’avènement d’une nouvelle société.

En plus de l’essor urbain, la ville a connu un développement important avec l’installation des unités industrielles (notamment l’ex FASO FANI à partir de 1970 pour la transformation du coton). Aujourd’hui, Koudougou est la troisième ville du Burkina Faso en considération à sa population et de ses fonctions administratives. Elle vient après Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, et est chef-lieu de la province du Boulkiemdé. Aussi, elle est surnommée  » la ville rebelle  » à cause des mouvements de révoltes historico politiques qu’elle a connu à travers le temps.

Les Conflits autour de l’histoire de la ville de Koudougou

Les récits qui composent l’histoire de Koudougou constituent aujourd’hui, des véritables conflits. En effet,  dans la ville de Koudougou, trois quartiers prétendent être les premiers à s’y être installés. Vu que ce statut confère une série de droits et de privilèges dans le système de gestion coutumier, il n’est pas étonnant d’assiter à de tels conflits. Dans certains contextes, ces conflits montrent la nécessité pour certains groupes d’exiger par la reconnaissance historique, la reconnaissance de leur identité, de leur rôle dans l’histoire et de leur importance dans la cité. Ainsi, les quartiers Issuka, Palogo et Dapoya prétendent être les premier-arrivants et aspirent ainsi à la reconnaissance de droits et d’un statut spécifique. Cette triple prétention à l’antériorité a engendré des affrontements qui furent parfois violents et qui ont pris une ampleur jusqu’alors inconnue, suite à l’affaire Zongo et au processus de lotissement.

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